Entre deux mondes

Des nouvelles !

Publié le 17/04/2012 à 17:59, Martinique
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Les voyages sont faits pour être vécus, il n’est donc pas absolument nécessaire de les raconter en temps réel… Après cette parfaite excuse située entre philosophie subversive de lycée, et psychologie de comptoir, laissez moi vous narrer ces derniers mois.

 

Départ de la Gomera le 15 novembre, avec une météo semble t’il favorable et la promesse de température enfin tropicales. Nous larguons les amarres après avoir accueilli et aidé mais amis de LAMBAOL, et a marée haute afin de pouvoir sortir TIGRE du fond de la marina. Les fameuses accélérations de vent le long de la cote, passée, c’est avec une brise légère que nous faisons du Sud, avec mon nouvel équipier. Nous aurions aimé faire un stop au sud de Hiéro, magnifique petite île au sud ouest de l’archipel des Canaries, mais les éruptions volcaniques sous-marines récentes interdisent l’accès a cette zone. Le soleil se couche donc a l’ouest, ou presque, tandis que le Carter 37 multiplie les combinaisons de voiles, pour une allure au vent arrière dans les meilleurs conditions. Il est clair que nous sommes a présent sur l’autoroute des Antilles, car nous ne sommes pas seul, des voiles au larges, devant le soir, derrière le matin, et parfois vers des destinations laissant libre cours a l’imagination.

La vie du bord s’organise, les quarts avec. Pour moi c’est une expérience nouvelle que de confier le bateau et mon sommeil a une tierce personne. Il faut partager l’espace et l’expérience.

Dire que la navigation est idyllique, serait abuser. Un vent faible les deux premiers jours puis croissant jusqu'à 25 nœuds pour l’arrivée au Cap Vert, et toujours cette houle de nord, qui soulève notre petit cul, et parfois remplis la baignoire. Particularité de cette route, profiter des vent de nord, en priant qu’ils ne tournent pas au sud avec une dépression venant des cotes de l’Afrique, et empanner de temps a autre vers le Sénégal puis le large, en affinent l’atterrissage sur le Cap Vert.

Fait remarquable, en plus de températures enfin agréables lors des quarts, il faut composer avec des bateaux de pêche et quelques cargos fantômes, navigant avec tous les systèmes d’identification et de détection, éteint. C’est l’Afrique mon frère ! Ce sera d’ailleurs la seule fois, pour le moment, de ma vie maritime, ou je manquerai de me faire couper en deux par un navire de pêche en pleine nuit. Mon équipier ne l’ayant pas vue arrive par notre arrière bâbord tout projecteurs allumés, mais surtout radio et alarmes silencieuses, pour nous rattraper et couper notre route par l’avant, me laissant  juste le temps de rouler le génois afin de ralentir  notre route, et passer par son arrière sans être sur de ce qu’il traîne comme engin de pêche.

Le 21 novembre nous apercevons l’île de Sal, du moins ses quelques sommets de volcan épars posés sur un plateau aride balayé par les vents. La planète Mars doit ressembler a un truc comme ça, sans l’Atlantique autour. L’ancre est mouillé a 17h00 dans le petit port de La Palmeira ou nous retrouvons quelque copains déjà séduit par cette nouvelle destination.


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